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Pierre-Olivier Variot

Pierre-Olivier Variot,
président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO)

La crise sanitaire a impacté, dans le bon sens, le secteur de la pharmacie. Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO (Union des syndicats de pharmaciens d’officine), nous expose les spécificités de cette profession très encadrée.

Par Sophie MENSIOR - le 17/11/22
@smensior

Comment se présente le paysage actuel des pharmacies ?

 21 000 pharmacies sont dénombrées sur le territoire français. Ce nombre est à peu près stable, on en perd une centaine par an. Dans les années 1980, il y a eu des créations à tout-va. Aujourd’hui, les petites pharmacies ne sont plus viables, on observe des concentrations et regroupements :  une pharmacie en rachète une autre.

Les règles d’implantation sont fixées par la loi. Avec ce maillage territorial, il n’y a pas de déserts médicaux comme cela peut l’être pour les médecins. En moyenne, chaque personne a une pharmacie à moins de 7 minutes de chez elle.

Compte tenu des règles très strictes qui régissent la profession, il est quasiment impossible de créer une nouvelle pharmacie, l’installation passe le plus souvent par un rachat.

 

Les ventes de fonds de commerce de pharmacies repartent à la hausse

Qu’en est-il du mode de rémunération du secteur ?

Il a évolué depuis 2017. La profession est passée d’une rémunération commerciale, fonction du prix et du volume de médicaments vendus, sous la forme d’une marge, à une rémunération à l’acte. Nous avons quitté le camp des commerçants pour rejoindre celui des professionnels de santé. Aujourd’hui plus de 75 % de notre rémunération provient des actes que nous dispensons. Nous sommes beaucoup moins impactés par la baisse des prix des médicaments. La profession a demandé à ce que la croissance se fasse sur des nouvelles missions. 

 

Quel a été l’impact de la crise sanitaire sur votre activité ?

Le Covid 19 a rebattu les cartes et démontré que le secteur tenait la route. Nous avons stabilisé notre économie. Désormais, il est bien vu par les banques, les financeurs et par les futurs acquéreurs.

L’Assurance Maladie a versé en moyenne 90 000 € à chaque pharmacie lors de la crise sanitaire. Mais cette somme a servi à acheter des tests, à embaucher du personnel  ou à faire des heures supplémentaires. Ce qui fait, en moyenne, un gain de 15 000 et 20 000 € de marge en plus.  La crise sanitaire a redonné confiance aux pharmaciens quant à l’exercice de leurs missions. Nous voulons nous placer au cœur de la prévention.  

Comment se porte le marché des transactions ?

Les ventes de fonds de commerce, qui avaient beaucoup diminué, repartent à la hausse. Les valeurs des fonds remontent également. En ce qui concerne leur évaluation, les méthodes traditionnelles consistent à appliquer un coefficient au chiffre d’affaires HT de l’officine. Aujourd’hui, la méthode le plus souvent retenue par les banques est celle qui se fonde sur l’EBE (Excédent brut d’exploitation).